A la fin du bail de location, le dépôt de garantie doit être restitué au locataire sous un mois maximum après la remise des clés, ou deux mois en cas de dégradations imputables au locataire. Dans ce cas, le bailleur peut effectuer une retenue, qui doit être justifiée par un devis ou une facture. Cette retenue peut être contestée par le locataire si celui-ci l’estime abusive.
Sommaire
- Quelle différence entre « récupérer la caution » et « récupérer le dépôt de garantie » ?
- Délais de restitution du dépôt de garantie
- Dans quels cas le propriétaire peut faire une retenue sur le dépôt de garantie ?
- Les retenues sur la caution doivent être justifiées
- FAQ – Questions fréquentes sur la restitution de la caution
Quelle différence entre « récupérer la caution » et « récupérer le dépôt de garantie » ?
Aucune ! Même si le terme correct est « dépôt de garantie », on parle souvent, par abus de langage, de « récupérer la caution d’un appartement ». Dans ce contexte (celui de la somme d’argent versée au bailleur en guise de garantie), les deux termes sont équivalents.
Délais de restitution du dépôt de garantie
Avec la loi Alur, la restitution totale du dépôt de garantie doit se faire dans un délai maximal d’un mois à compter de la remise des clés si l’état des lieux de sortie de fait pas apparaître de dégradations par rapport à l’état des lieux d’entrée. S’il y a des différences entre l’état des lieux d’entrée et l’état des lieux de sortie, le propriétaire a deux mois pour restituer la somme au locataire.
Si le propriétaire tarde à rendre le dépôt de garantie, le locataire peut lui expédier une lettre recommandée avec accusé de réception pour lui réclamer le remboursement. Si cette démarche reste infructueuse, pour régler le litige, le locataire peut :
- saisir la Commission Départementale de Conciliation s’il souhaite tenter de régler le litige à l’amiable ;
- ou bien intenter une procédure d’injonction de payer devant le tribunal judiciaire.
La loi Alur prévoit des pénalités de retard : le dépôt de garantie dû est majoré d’un montant égal à 10% du loyer hors charges pour chaque mois de retard entamé. La jurisprudence indique que cette disposition s’applique à tous les contrats de location, même ceux signés avant la loi Alur.
Dans quels cas le propriétaire peut faire une retenue sur le dépôt de garantie ?
Le propriétaire peut faire une retenue partielle ou totale sur le montant du dépôt de garantie :
- Si le rapprochement des états des lieux d’entrée et de sortie fait apparaître des détériorations imputables au locataire, sauf si celles-ci ont été occasionnées par vétusté, malfaçon ou vice de construction.
- S’il existe des loyers et charges impayés.
- Si la taxe sur les ordures ménagères n’a pas été payée, elle peut être déduite au prorata du temps d’occupation du locataire.
- Si le bien loué est en copropriété, le propriétaire peut conserver une partie du dépôt de garantie (20 % maximum) jusqu’à ce qu’il reçoive le décompte des charges annuelles ; dans ce cas il n’est pas soumis aux pénalités de retard vues plus haut.
En cas de dégradations importantes, si le dépôt de garantie est insuffisant, le propriétaire a le droit de demander un complément au locataire.

Les retenues sur la caution doivent être justifiées
Les sommes que le propriétaire réclame au locataire doivent être justifiées et correspondre à ce qui est mentionné dans l’état des lieux de sortie pour ne pas être considérées comme abusives. Il ne peut pas fixer arbitrairement le montant des réparations mais doit présenter des devis ou factures de professionnels.
Toute la difficulté, lors du calcul de la retenue sur la caution, est de différencier ce qui est imputable au locataire, de ce qui relève de l’usure normale du temps (qui est à la charge du bailleur). C’est pour cela que l’état des lieux de sortie devrait dans l’idéal se baser sur une grille de vétusté dont un modèle est téléchargeable ici.
Lorsque le propriétaire effectue lui-même les travaux de remise en état dans sa location, il ne peut pas facturer de main d’œuvre à son locataire, seul le prix d’achat des matériaux sera déduit du dépôt de garantie (à condition bien sûr de conserver les factures). Le bailleur n’est pas obligé de produire les justificatifs dans le délai de deux mois prévu pour la restitution du dépôt de garantie, cependant il doit respecter un délai raisonnable pour les faire parvenir au locataire.
Le remboursement du dépôt de garantie est un des sujets de contentieux les plus fréquents dans les rapports locatifs : la justification des coûts et leurs pertinences sont difficiles à déterminer. Cependant, lorsque le dépôt de garantie a été rendu au locataire, il arrête définitivement les comptes et implique une renonciation à toute réclamation ultérieure.
FAQ – Questions fréquentes sur la restitution de la caution
Quel est le délai légal de restitution de la caution ?
Le bailleur dispose d’un délai de 1 mois après la remise des clés si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée. Ce délai passe à 2 mois en cas de dégradations ou de réserves mentionnées dans l’état des lieux de sortie.
Peut-on faire une retenue sur le dépôt de garantie sans état des lieux de sortie ?
Sans état des lieux de sortie contradictoire, le logement est présumé rendu en bon état. Le bailleur ne peut donc pas effectuer de retenues, sauf preuve contraire.
Que faire en cas de non-restitution de la caution dans les délais ?
Vous pouvez d’abord envoyer une lettre de relance, puis une mise en demeure. En l’absence de réponse, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. Le bailleur peut être condamné à verser des pénalités de retard de 10 % du montant par mois de retard.
Le propriétaire peut-il déduire des frais du dépôt de garantie ?
Oui, mais uniquement si les montants sont justifiés par des dégradations anormales, avec factures ou devis à l’appui, ET si cela est marqué dans l’état des lieux de sortie. L’usure normale liée à la vétusté ne peut pas être retenue.
Peut-on retenir la taxe d’enlèvement des ordures ménagères sur le dépôt de garantie ?
Oui, la TEOM récupérable peut être retenue, mais uniquement si elle figure dans les charges récupérables et que le bail le prévoit. Le bailleur doit fournir un justificatif.
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Autodidacte (et passionné) de droit immobilier, Licence pro E-commerce, je suis responsable éditorial, rédacteur, SEO et data analyst chez LocService.fr depuis plus de 10 ans. Je suis l’auteur des Observatoires LocService du marché locatif, et vous m’avez peut-être déjà entendu (ou pas, si vous dormiez encore) dans des matinales TV/radio pour les présenter.

Bonjour,
J’ai quitté mon appartement il y a quelques jours et l’agence de location veut m’imputer des dégradations dans la cage d’escalier (parties communes) qui auraient été causés par le déménagement selon eux.
Est-ce qu’ils peuvent m’imputer ces dégradations sans élément probants ?
Merci
Bonjour, à ma connaissance non, je ne vois pas comment ça pourrait tenir face à un juge !
Bonjour
Ma locataire occupe un appartement depuis 2 ans. Elle le quitte dans un mois.
Alors que l’état d’entrée montre que les volets fonctionnent , elle m’a signalé que , les uns après les autres , ils ne marchaient plus . Bien sûr il y a de la vétusté , mais de là , a les avoir tous inopérants ??
En la circonstance , comment m’y prendre pour l’état des lieux de sortie ?
Merci de votre conseil
Bonjour, lors de l’état des lieux de sortie, notez simplement et précisément l’état réel des volets : lesquels ne fonctionnent plus, et si possible le type de panne visible. Comparez ensuite avec l’état des lieux d’entrée. Si la panne relève de la vétusté ou d’un usage normal, elle reste à votre charge ; si elle vient d’une dégradation ou d’un mauvais usage, vous pourrez retenir le coût justifié sur le dépôt de garantie (devis ou facture à l’appui). En cas de désaccord, évitez d’improviser : vous pouvez faire établir l’état des lieux par commissaire de justice.
Bonjour, lors de l’état des lieux de sortie, notez simplement et précisément l’état de chaque volet : fonctionne / ne fonctionne pas, traces visibles, blocage, casse éventuelle, etc. Si le dysfonctionnement vient d’un mauvais usage ou d’une dégradation, vous pourrez retenir le coût de réparation sur le dépôt de garantie, sur justificatif (devis ou facture). En revanche, si c’est uniquement lié à la vétusté ou à l’usure normale (c’est tout à fait possible), cela reste à la charge du propriétaire. En cas de doute, le mieux est de faire intervenir un professionnel pour identifier la cause avant toute retenue.