MaPrimeRénov : Ce que le gouvernement a modifié à la rentrée 2026

MaPrimeRénov’ a changé de visage depuis le 1er septembre 2026. Six types de travaux sont sortis du parcours « par geste » : poêles à bois, chauffe-eau solaire ou thermodynamique, VMC, isolation des combles et fenêtres. Autre nouveauté, cette fois pour la rénovation d’ampleur : impossible de toucher l’aide si un chauffage au gaz est conservé après travaux.

🔧 Qu’est-ce qui change concrètement ?

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, accompagné de deux arrêtés du même jour, a été publié au Journal officiel du 27 août 2026. Il modifie le décret fondateur de MaPrimeRénov’ (décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020) en réécrivant l’annexe qui liste les travaux éligibles au parcours « par geste ».

Concrètement, six familles de travaux ne peuvent plus être financées si elles sont réalisées seules. Elles doivent désormais s’intégrer à une rénovation d’ampleur pour rester aidées. La mesure s’applique à toute demande de prime déposée à compter du 1er septembre 2026 : aucune disposition transitoire n’a été prévue pour les devis déjà signés, seule compte la date de dépôt du dossier.

Fait à souligner : le Conseil national de l’habitat avait rendu un avis défavorable le 2 juillet 2026. Un avis purement consultatif, que le gouvernement n’était pas tenu de suivre, et qu’il n’a effectivement pas suivi.

📋 Quels travaux sortent du parcours monogeste ?

Voici les six gestes concernés, avec le montant d’aide qui disparaît en monogeste pour un ménage très modeste (le plus aidé) :

Geste concernéAide monogeste jusqu’au 31 août 2026
Poêle à bois ou à granulésJusqu’à 1 250 €
Chauffe-eau et chauffage solaire4 000 à 10 000 €
Chauffe-eau thermodynamiqueJusqu’à 1 200 €
VMC double fluxJusqu’à 2 500 €
Isolation des toits et comblesJusqu’à 25 €/m²
Fenêtres et portes-fenêtresJusqu’à 100 € par fenêtre

Il y a une exception géographique : le chauffe-eau et le chauffage solaire restent éligibles au monogeste en Outre-mer. Cette deuxième vague s’ajoute à celle du 1er janvier 2026, qui avait déjà retiré l’isolation des murs et les chaudières biomasse du parcours par geste.

🔥 Coup de rabot sur le gaz 

Autre changement, moins commenté mais tout aussi structurant : à compter du 1er septembre 2026, l’aide MaPrimeRénov’ Parcours accompagné (rénovation d’ampleur) ne peut plus être attribuée si un chauffage au gaz est conservé après les travaux, dans les maisons individuelles. Cette mesure fait partie du plan d’électrification du gouvernement et vise, selon les termes officiels, à éviter de financer des rénovations qui « perpétuent une dépendance des ménages au gaz ». 

Un projet isolé (poêle, isolation des combles, fenêtres…) déposé avant le 1er septembre 2026 reste régi par les anciennes règles. En revanche si votre dossier n’est pas encore déposé, ces travaux restent finançables par la prime CEE, cumulable et accessible à tous les ménages, indépendamment de MaPrimeRénov’.

🏠 Ce qui reste possible pour les logements F et G

Les six gestes ne disparaissent pas des aides : ils restent finançables dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, c’est-à-dire un bouquet de travaux qui fait gagner au logement au moins deux classes au DPE. Ce parcours reste réservé aux logements classés E, F ou G et impose un accompagnateur Rénov’ (MAR), mais les plafonds sont élevés : jusqu’à 30 000 € de travaux pour un gain de 2 classes, 40 000 € pour 3 classes ou plus. Autre point utile pour les propriétaires de passoires thermiques : le décret prolonge l’accès au parcours par geste, en métropole, pour les logements classés F et G, jusqu’au 31 décembre 2027. Un délai supplémentaire qui peut valoir la peine d’être anticipé si vous avez un bien mal noté au DPE.

💶 Pourquoi ce tour de vis : le rabot budgétaire

Le motif est budgétaire : MaPrimeRénov’ subit une coupe de 300 millions d’euros. En resserrant l’accès aux gestes les plus demandés, l’État concentre son enveloppe (autour de 3,6 milliards d’euros) sur les rénovations d’ampleur et l’électrification du chauffage, jugées plus efficaces qu’une succession de petits travaux isolés. La Fédération française du bâtiment et la Capeb ont dénoncé cette mesure, redoutant un ralentissement du marché de la rénovation chez les ménages qui ne peuvent pas financer un projet global.

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